Body positiv, le corps à corps pas si évident.

Body positiv.
Deux mots qui côte à côte m’ont évoqué beaucoup de choses ces derniers mois. Mais les entendre, les comprendre, les accepter, ce fut un long travail.  Au cours de ce travail, j’ai dû faire une chose merveilleuse, une chose essentielle.
La paix avec mon corps.
Parce que cette machinerie si précise, si délicate a, malgré tout ce que j’ai pu penser et dire, été un super allié depuis ma naissance.

Pendant longtemps j’ai focalisé sur mes cuisses et mes fesses, dès le début du collège en fait, et les  remarques dans les vestiaires. Puis arrive le haut du corps, petits seins, toujours vers l’avant, et les premières moqueries sur les « seins qui pointent ». Là encore, se heurter aux critères du corps parfait. Pendant longtemps, lutter, pour amincir le bas, à défaut d’élargir le haut.

Il y a 3 ans maintenant, mon mètre 65 et mes 58 kilos accueillent des invités. 9 kilos. 9 kilos en un an. Aucune modification du régime alimentaire, autant de sport. En parler au médecin et entendre que c’est normal, je vieillis. En effet. Je viens de sonner 25 ans. Mon corps, officiellement, vieilli. Le traître. Et puis quelques invités supplémentaires, mon médecin trouve toujours cela normal, c’est moi qui fait ne fait pas assez de sport, ou mange trop mal. Mon traître aurait-il un médecin pour associé?

1 an s’écoule encore. Au total 18 kilos. D’abord les fesses et cuisses, quelle ironie, puis le ventre, les bras et enfin la poitrine. La sensation que mon corps est gourd. Il se meut différemment. Dans mes vêtements, comme encamisolée.

Mais deux leçons:
– Ne pas avoir une confiance absolue dans les médecins.
– Mon corps est mon allié.

Ne pas avoir une confiance absolue dans les médecins:
Après avoir exprimé mes inquiétudes une première fois à mon médecin généraliste, j’ai dû renouveler 4 fois, pour enfin voir une endocrinologue, analyser mon sang, et découvrir un déséquilibre hormonal. Aller chez la gynécologue. Passer de la pilulle au stérilet en cuivre. Perdre deux kilos. Et puis un autre cauchemar. Douleurs, cycles qui s’allongent. En parler, encore. Au généraliste et à la gynécologue. Et puis me taire. Parce que si ça m’ennuie, elle me repasse sous pilule.
Oui ça m’ennuie. Mon corps n’est plus mon corps. A l’intérieur comme à l’extérieur.
Non je ne veux pas d’hormones. Parce que visiblement autre chose ne va pas.

Je veux qu’on m’écoute.
Attendre. Avoir mal. Ne pas comprendre. Les cycles qui s’allongent, 45 jours c’est long. Une urgence qui doit attendre 6 semaines auprès de la gynécologue qui me suit. Il n’y a rien avant. Heureusement il y’a Gyn&Co. J’y trouve une sage femme qui accepte mon urgence, et m’apprend la deuxième leçon.

Mon corps est mon allié:
Parce que si ça fait mal, c’est pas normal. Il faut la taille en dessous. Oui il y a plusieurs tailles de spéculum. Il y’a plusieurs tailles de vagin. Logique. Depuis mon premier examen, avoir mal n’était donc pas normal. Une violence gynécologique? Pourtant cela semble si peu par rapport à d’autres expériences. Comme cette  gynécologue qui m’a enfoncé 3 doigts, en me ramenant de force vers l’avant par la cuisse, après mon recul de douleur en me disant que j’étais trop nerveuse. Mais ici, on change la taille, on écoute, on programme IRM et échographie. Et puis on trouve un nouveau gynécologue, parce qu’enfin, quelqu’un d’autre que moi entend que ce que je vis n’est pas normal. Et le dit.
Merci.
De m’écouter.
Merci de me respecter.
Au final, un problème, bénin, mais aux conséquences plutôt compliquées à vivre. Déréglement, prise de poids, et tout ce que cela entraîne. Dans mon cas problèmes de dos, d’acné, de digestion, de sexualité.
Tabou? Mais qui ne voit pas sa sexualité bouleversée par de tels changements?
Autant de signaux que mon corps, mon allié m’envoyait.
Autant de signaux que je voyais, mais que je passais sous silence parce que les médecins me disaient que je m’alimentais mal, que je bougeais mal, que j’étais dans le faux et eux dans le vrai.
Changer de gynécologue, encore grâce à Gyn&Co , en trouver un qui respecte mon corps et mes choix autant que moi. Trouver la solution. Perdre encore du poids.

Mais au delà des chiffres qui défilent, renouer avec les sensations. Sentir à nouveau mes muscles travailler. Revoir ma taille s’affiner. Envolés les seins. Envolés les bras. Envolés les genoux. Reste un peu de ventre. Plutôt logique. Les cuisses et les fesses.

Et rire.

Voilà, c’est ainsi. J’ai ris. C’est peut-être ça,  être body positiv. Rire de cette ironie. Que je fasse 58 ou 76 kilos, mes cuisses et mes fesses. Comme un clin d’oeil à qui je suis. Moi. Entière.
Esprit et corps.
Je regarde mon miroir, je caresse les contours de mon corps. Sur la vitre.
Etre body positiv, c’est aussi accepter d’avoir besoin de temps.

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