Le sang ne ment jamais

Le sang. On l’analyse, on y guette des informations, on le craint aussi. Surtout ne pas en voir dans les mauvaises conditions, au mauvais moment.

Pendant une grossesse, le sang c’est la peur. Que va-t-il nous dire? Yen aura-t-il un peu quand j’irais aux toilettes? Ou pire, irais-je aux toilettes parce que je le sens couler ?

Il y’a cette phrase que les laborantins aiment beaucoup « Le sang ne ment jamais ». Comprenez: le sang véhiculent des informations toujours exactes.
Je découvrais une exception au micro de Clémentine de Bliss Stories, avec une femme dont la grossesse n’avait pas été visible à ses résultats sanguins alors même qu’elle devenait maman quelques mois plus tard.

A savoir que cette idée que le sang ne ment pas vient du dicton « Bon sang ne saurait mentir ». Ce dicton qui traduit l’idée que les Il gens d’une « bonne famille » ne saurait avoir de membres dégénérés, bien souvent au sens du handicap.

Alors bon, quand on voit les dégâts de la consanguinité et des mariages entre « bonnes familles » sur plusieurs générations on peut questionner cette idée.

Je questionne surtout l’idée de bonne famille par opposition à la mauvaise famille.
Sommes nous obligatoirement le fruit de notre héritage? Et si notre code génétique transmet un handicap, comment cela nous impact et il ? Et quid de la tolérance, de la bienveillance et de la douceur d’être aimé et et accepté sans mesure?

Récemment mes analyses de sang m’ont révélé un mensonge que j’étais seule à croire. Je me racontais aller bien, je me disais y arriver et, au final je ne sais pas à quoi j’arrivais.

Qu’ai-je essayé de prouver à faire chuter ces taux si essentiels à la croissance de mon enfant?

Qu’ai-je essayé de réaliser à m’épuiser ne sachant plus que faire de moi-même certains jours.

Ce fameux mode du pilote automatique. La surcharge, la grossesse, les limites, le handicap.

Mon plafond de cristal. Celui que je veux ignorer bien trop souvent encore, celui que j’apprends à écouter bien que je culpabilise encore bien souvent de le faire.
Avoir peur de ne pas être à la hauteur, de ne pas faire comme les autres et donc m’obliger à faire mieux quitte à me mettre en danger.

Oui dit ainsi c’est absurde.
Aussi absurde que « Bon sang ne saurait mentir ». Et pourtant, alors que je réfléchissais encore aux conseils des soignants, que « j’envisageais » de prendre cet arrêt qu’ils disaient me donner quoiqu’il arrive vu mon état (oui le déni est si fort parfois que je m’imagine encore pouvoir choisir de m’abîmer un peu plus la santé), le sang. Le sang et ses nombres, le sang et ses mots composés de chiffres.
Sans jugement, sans compassion.

De la science, pour mon esprit cartésien, comme un coup de mat sur une partie que je savais perdue. Que je suis soulagée de perdre.
La science qui me laisse quitter le plateau calmement, sans jubilation d’une éventuelle victoire.

La science qui me regarde comme ma mère, chuchotant « tu as fait de ton mieux » en me caressant les cheveux, quand elle brûle de me dire « je te l’avais bien dit sale tête de mule. »

Et moi je suis soulagée, que ma mère me caresse les cheveux, qu’elle me donne un peu plus de temps pour faire de la place à mon enfant, qu’elle me donne de l’espace pour me retrouver.

Pour que le seul rouge que je vois, soit celui du visage de mon bébé dans quelques mois.

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